La pratique récente de Chantal Gagné s'articule autour de la bienveillance envers le vivant ainsi que l'impermanence. Son processus de création prend racine dans la récolte, les résidus de cuisine, les tissus, fils et ficelles trouvés. Elle travaille avec ce que la terre offre et ce que l’humain délaisse : branches, racines, fibres sauvages, fleurs, pelures de fruits ou trognons de légumes, etc. En détournant ces matières modestes elle cherche à révéler la noblesse, la beauté de l’éphémère, la poésie du rebut et ce qu'un objet trouvé nous raconte.
La forêt est pour elle un sanctuaire. Dans un rapport méditatif, elle s'immerge dans l'immensité du paysage pour écouter et ressentir. Ses créations sont le fruit d’un dialogue intime avec la matière, une rencontre avec le vivant où elle laisse s'exprimer ce qui est là, ce qui veut s'exprimer, même maladroitement. 
Elle cherche à réfléchir et à comprendre l'immensité dans l'intimité de soi. Inspirée par La poétique de l’espace de Gaston Bachelard, elle travaille sur la résonance entre l’immensité du dehors et l’intimité du dedans. Elle conçoit la profondeur de la forêt non pas comme un lieu extérieur, mais comme un état intérieur que la contemplation permet de renouveler. 
L'artiste s'intéresse aux notions de trace, de l'histoire, du temps et de la mémoire imprégnés dans la matière vivante, en nous et dans toutes choses qui nous entourent. 
La beauté réside dans la simplicité de notre présence au monde.
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